Les moyens de la propagande

I - Les moyens de propagande

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Les médias : 1 - Le cinéma : 

 Au cinéma, lors de la seconde guerre mondiale, les films de propagande furent utilisés de façon massive, ils avaient pour but de distraire la population afin de lui imposer indirectement une idée. Cette idée fonctionne sur la base du "rêve" et avec la volonté d'identifier le spectateur au héros. Par exemple, la mission du cinéma allemand est une source d'énergie pour le citoyen et un moyen de propager l'idéologie nazie à travers le monde. Les dirigeants comprennent très vite que les impressions visuelles sont extrêmement fortes, que la population oublie peut-être un article de journal, mais pas une image. Pour Goebbels, une oeuvre efficace de propagande consiste à ne pas voir la différence entre un film de divertissement et un film destiné à propager une idée. La véritable action de propagande est donc celle dans laquelle le public ne se rend pas compte qu'il est l'objet d'une manipulation.

  Ainsi, pendant cette guerre, entre 50 et 80% des films produits n'évoquent pas de thèmes traitant des combats, ni directement ni indirectement, mais rares sont les films où la propagande est totalement absente...



telechargement.jpg - En Angleterre :


Le lion a des ailes (The Lion Has Wings) est un film britannique réalisé par Adrian Brunel, Brian Desmond Hurst, Michael Powell et Alexander Korda, sorti en 1939. 

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Le lion a des ailes est un ancêtre de nos document-fiction. Ce film de guerre et de propagande est destiné, à rassurer la population sur la préparation de leurs armées de l'air, comme l'indique l'affiche ci dessuLa première parti du film se compose principalement de montage d'actualité sur les conquêtes d'Hitler les cinq années précédent le début de la guerre, et ensuite la reconvertion de la production de guerre sur l'industrie de l'Angleterre. Le film s'achève par une démonstration de l'armée anglaise à repousser une attaque aérienne allemande.

Le début de la réalisation de ce film commença à peine quelques jours après le début de la déclaration de guerre d'Hitler en Europe. En a peine un mois le film anglais était terminé. Une dixaine de jours plus tard le film sortait dans une soixantaine de pays. Ce qui montre la réaction des autorités et l'importance des films de propagande afin de rassuré la population et de montrer l'esprit patriotique et ainsi de faire voir a tous la force de l'Angleterre. Après seulement quelques semaines après le début de la guerre, se film montrait déjà le rôle que s'appretais à jouer le cinéma pendant la guerre.

 

drapeau francais En France :


Les inconnus dans la maison est un film français réalisé par Henri Decoin en 1941. Les inconnus dans la maison relate l'histoire d'Hector Loursat est un avocat déchu et alcoolique depuis que sa femme l'a quitté. Un jour, un cadavre d'un repris de justice est découvert dans son grenier. Il apprend que sa fille, avec qui il a très peu de contacts, fait parti d'une bande de jeunes délinquants qui se réunit dans les combles de sa maison. Son petit ami Emile est rapidement accusé du meurtre. Flairant une erreur judiciaire, Loursat décide de le représenter devant la justice.

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Dans ce film, la propagande n'est pas explicite comme dans le film précédent. Ici, le titre "les inconnus dans la maison" est une image de l'occupation en France pendant la Seconde guerre mondiale : les "inconnus" sont les Allemands venus s'installer dans "la maison", la France. Le réalisateur, français, a donc un point de vue très subjectif. Son film exprime le seul point de vue des occupés et non des occupants. Cependant le film a été interdit de projection à la Libération.


telechargement-1.jpg  - Aux Etats-Unis :

La Bataille de Midway (The Battle of Midway) est un film documentaire de 1942 créer par John Ford. 

Le film débute comme dans un documentaire, un narrateur explique où se trouve Midway et quelle est son importance stratégique. Quelques minutes plus tard, le format change légèrement, avec des images plus insouciantes de GI au travail sur l'île, avec en même temps l’apparition d’une voix féminine. La voix est celle d'une femme, qui est le modèle de la mère-type, expliquant comment elle identifie tel ou tel garçon de sa ville natale.

Ensuite le film se tourne vers la bataille consacrées à la défense de l'île, la bataille navale, et ses conséquences. Dans les dernières minutes du film, les pertes japonaises connues sont montrées (4 porte-avions) puis rayées à la peinture rouge.

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images-1.jpg - En Allemagne :

Jud Süß est un film réalisé en 1940 par Veit Harlan sous le contrôle de Joseph Goebbels , c'est un des rares films nazis ou la propagande est vraiment explicite. Ce film constitue une des rares incursions du cinéma nazi dans un vrai discours de propagande raciale.


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Lors de sa sortie 1940 ce film fut un immense succès en Allemagne et à l'étranger, qui attira plus de 20 millions de spectateurs en Europe. En Allemagne lors des projections le film étais souvent accompagné de hurlement "Mort aux juifs !". Il reçoit un prix et est salué par des critiques qui voient la rencontre réussi entre l'art et la propagande.

Himmler (le chef des SS et de la police allemande) le trouva si convainquant qu'il ordonna à tous les SS, à la police et au gardien des camps de concentration de le voir dans le courant de l'hiver 1940.

En France le film ne sort que le 14 février 1941 qui évidemment salué par les collaborateurs et la presse antisémite.



2 - La presse :

En France :

  De 1942 à 1944, les allemands instaurent un journal unique dans la zone occupée diffusé sur l'ensemble du territoire français : France-Actualités. Il est produit par une société mixte franco-allemande, issue de négociation entre l'occupant et le gouvernement de Vichy. Le journal détient alors le monopole de diffusion sur toute la France. A l'automne 1943, celui-ci est presque entièrement contrôlé par les allemands. Cependant, ces actualités projetées dans les salles de cinéma engendrent des manifestations souvent violentes, et les directeurs de cinéma se voient obligés de laisser leurs salles éclairées pendants les projections de France-Actualités.

  De 1940 à 1942, Pathé et Gaumont (célèbres sociétés d'actualités) produisent, sous le contrôle du gouvernement de Vichy, les actualités destinées à être diffusées dans les salles de la zone Sud (Pathé Journal de Marseille ou Journal de Vichy).
 Les allemands, face à la popularité du Maréchal Pétain, utilisent son image dans leur propagande. Ainsi, les actualités de France-Actualités étaient imprégnées de propagande pétainiste.
Voici un exemple d'actualité de type de propagande pétainiste : 


                                                                                            
En France, la plupart des foyers ayant une radio, les Allemands considèrent celle-ci comme une de leur principale priorité pour la diffusion de leur propagande. Ainsi, Radio Paris est réquistionnée. Dès le 18 juillet 1940, constatant rapidement l'avantage de cette radio, les nazis en font leur outil principal de propagande dans la zone occupée. Les Français, considérant Radio Paris comme une radio privée qui restitue les actualités de manière irréprochable, vont donc être manipulés par l'occupant à travers de fausses informations. Les nazis vont également recruter de nombreux journalistes collaborationnistes et antisémites. Cette radio restera occupée pendant toute la durée de la guerre. 

En Allemagne :

 

Signal est le principal journal de propagande publié par les nazis durant la seconde guerre mondiale.

C'est la Deutscher Verlag AG de Berlin qui édite Signal. Cette maison d'édition remplace la maison d'édition de la famille juive Ullstein Verlag avait fondé en 1892 le journal quotidien Berliner Illustrierte Zeitung, connu dans le monde entier et qui servira de model à de nombreux journaux en Europe. Afin de profiter du prestige de ce journal, Signal est décrit comme une édition spécial de la Berliner Illustrierte Zeitung. Enfin la Deutscher Verlag publie d'autres quotidiens comme Das Reich par exemple.

 Dans un premier temps, Signal rend compte des victoires éclatantes de l'armée allemande et de son allié italien. Jusqu'à la mi-1942 l'articulation de Signal est toujours la même : la première moitié du magazine est consacrée à la puissance de l'armée allemande et de ses alliés maitrisant parfaitement la situation. Le magazine s'attache à démontrer que s'il y a la guerre ce n'est pas de la volonté de l'Allemagne, mais la faute de l'Angleterre et de la Russie bolchevique qui ont poussé les nations dans un conflit mondial. La seconde moitié du magazine se veut culturelle avec des pages sur le cinéma, la mode, l'histoire, l'art en montrant toujours l'Allemagne, sous un aspect novateur, moderne, à la pointe du progrès tout en ayant un passé européen important. La double page couleur sert à marquer les deux facettes du magazine. Signal met l'accent sur la beauté et la jeunesse.

A l'origine, Signal est proposé en quatre langues : allemand, français, italien et anglais. Puis, Signal sera traduit en trente langues differentes.


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Ci dessus, un exemple d'une campagne de recrutement au profit de la Kriegsmarine paru dans Signal (édition française)

2 - L'endiguement des populations

Les Jeunesse hitlériennes 

Afin d’encadrer totalement la société, les régimes totalitaires mettent en place des organisations de jeunesse. En effet, la population jeune est la plus « malléable ». L’objectif de ces organisations : former les générations futures dans l’idéologie du régime en place et à préparer l’avenir du pays dans la formation de ses futurs membres. Dès 1926, en Allemagne, le parti national-socialiste créé des organisations de jeunesse. Dans celles-ci, nous retrouvons le « Jungvolk », rassemblant les garçons jusqu’à l’âge de 14 ans, l’équivalent pour les jeunes filles étant le « Jungmädelbund ». Les adolescents de 14 à 18 ans sont rassemblés dans les « Hitler Jugend », le « Bund Deutscher Mädel » rassemble les jeunes filles du même âge.

 

Une fois au pouvoir (janvier 1933), Hitler supprime toutes les autres organisations de jeunesse, particulièrement nombreuses en Allemagne, tandis que toute la jeunesse allemande se voit obligée à entrer dans la Hitler Jugend par une loi du 1er décembre 1936. Cette nouvelle organisation est dirigée par Balduch von Schirach. Tout au long de la période, le nombre d’adhérents connaît un développement de plus en plus important : de 25 000 en 1930, les effectifs s’élèvent à 2,2 millions en 1933, année de l’accession d’Hitler au pouvoir, puis à 5 millions l’année suivante. En effet, en 1936, l’adhésion devient obligatoire.

 Dans ces Hitler Jugend -Jeunesses Hitlériennes-, les jeunes allemands apprennent à devenir des sujets obéissants, élevés dans le culte du Führer et dans l'idéologie nazie. Les garçons, futurs "aryens" prêts à servir loyalement le Troisième Reich, sont soumis à un important entraînement physique et militaire, tandis que les filles apprennent surtout les tâches domestiques, pour les préparer à leur rôle de femmes au foyer et mères de famille. Les organisations de jeunesse se livrent également à de grandes parades lors des manifestations du parti, notamment à l'occasion des congrès de Nüremberg. Elles organisent par ailleurs chaque année leur propre rassemblement.

Cette volonté d'exercer un contrôle total sur la jeunesse se heurte toutefois à la résistance des Eglises catholique et protestante, qui se voient interdire de posséder leurs propres organisations et critiquent le monopole nazi. Dans l'ensemble, l'Allemagne nazie est sans doute le régime totalitaire qui a su parvenir à l'encadrement le plus total de sa jeunesse. Cet encadrement de la jeunesse ne fait que s'accentuer avec le temps, notamment avec les débuts de la guerre, car tout jeune allemand devient alors un soldat en puissance. Arthur Axman succédant à Baldur von Schirach à la tête des organisations de jeunesse en 1940, celles-ci sont transformées en forces auxiliaires utiles dans un contexte de guerre. Les jeunesses hitlériennes assistent les pompiers dans les villes bombardées, accomplissent des missions dans le service postal, les chemins de fer ou les équipes de défense anti-aérienne. A la fin de la guerre, beaucoup d'adolescents sont mobilisés dans le cadre du Volkstum pour servir comme soldat.

Il convient de noter enfin que la majorité de ceux qui ont été embrigadés au sein des jeunesses hitlériennes sont nés entre 1920 et 1930. Ils forment donc la génération adulte de l'après-guerre et des années 1970-1980. Il n'a donc pas été rare pour les dirigeants allemands de cette période d'être passé dans les Hitler Jugend. Mais comme les organisations ont été rendues obligatoires en 1936, il n'y a pas eu de volonté de bannir les hommes politiques ayant servi dans ces organisations, à partir du moment où ils n'ont pas eu le choix.

« Cette jeunesse doit apprendre uniquement à penser allemand et à agir en allemand. Quand ces jeunes garçons et ces jeunes filles entrent dans nos organisations à l’âge de dix ans ils reçoivent et sentent un air frais, souvent pour la première fois; quatre ans après ils passent de la « jungvolk » à la « Hitlerjugend » et là nous les tenons encore pour quatre ans. Ils ne retomberont pas dans la main des anciens représentants des différents groupes et classes, car nous les prendrons immédiatement dans le parti, dans le front du travail, dans la S.A. ou dans la S.S., dans la N.S.K.K.etc… Et, si après avoir passé là encore deux ans ou deux ans et demi, ils ne sont pas encore devenus de vrais nationaux–socialistes, alors nous les soumettrons au service du travail obligatoire, afin qu’ils soient en six ou sept mois remodelés à l’enseigne d’un unique symbole, la bêche allemande. Et si, après six ou sept mois, subsiste çà et là, un peu de conscience de groupe, l’armée aura pour mission de la traiter durant deux autres années. Ainsi quand, après deux, trois ou quatre ans ils en sortiront, ils rentreront immédiatement dans la S.A. ou la S.S., car nous n’avons en aucun cas de récidive, ainsi ils ne seront jamais plus libres pour toute la vie. » Hitler. Discours de Reichenberg, 2 décembre 1938.

2905700791-small-1-1.jpgAffiche de propagande en faveur des Hitler Jugend, 1938

 Les Aryens, selon une ancienne croyance européenne, seraient la "race" des premiers peuples parlant les langues indo-européennes. Les nazis ont utilisé ce terme pour définir la race germanique, "la plus pure et la plus noble", c'est-à-dire la race nordique, pour certains scientifiques de cette époque. Il a  été établi à la fin du XIXe siècle que le parfait Aryen avait les caractéristiques des populations nordiques : les cheveux blonds, les yeux bleus, plutôt de grande taille et une forme de crâne allongée. 

« La race aryenne nordique est la détentrice de toute culture, la vraie représentante de toute l'humanité, et c'est par application divine que le peuple allemand doit maintenir sa pureté raciale. La race germanique est supérieure à toutes les autres et la lutte contre l'étranger, contre le Juif, contre le Slave, contre les races inférieures est sainte. » Adolf Hitler, extrait de Mein Kampf.

Dans les Jeunesses Hitlériennes, la plupart des jeunes allemands étaient donc blonds aux yeux bleus. Cependant, un bon nombre de Juifs allemands avaient également les caractéristiques de la "race aryenne". Mark Masower, dans son livre Le continent des ténèbres: une histoire de l'Europe au XXe siècle, cite sarcastiquement : "Blond comme Hitler, [...] grand comme Goebbels, svelte comme Goering, [...]".

 


Les programmes scolaires en Allemagne nazie :


A l'école, des problèmes de mathématiques étaient posés afin de montrer que "les races infèrieures" coûtaient cher à l'Etat. Nous en avons ici quelques exemples :

-"Un aliéné coûte quotidiennement 4 mars, un invalide 5.5 marks, un criminel 3 marks. Dans beaucoup de cas, un fonctinnaire ne touche que 4 marks, un employé 3.65 marks, un apprenti 2 marks. Faites un graphique avec ses chiffres."

-"D'après des estimations prudentes, il y en Allemagne environ 300 000 aliénés et épileptiques dans les asiles. Calculez combien coûtent annuellement ces 300 000 aliénés et épileptiques. Combien de prêts aux jeunes ménages à 1000 marks pourrait-on faire si cet argent pouvait être économisé." 

Les professeurs des écoles devaient jurer fidélité à Hitler avant d'entrer en service. Tous les professeurs d'Allemagne étaient dans l'obligation de s'aligner avec l'idéologie nazie et devaient en respecter ses règles.

jeunesse-hitlerienne.jpgDéfilé des "Jeunesses hitlériennes", Strasbourg (vers 1941) 

Les discours des chefs politiques

Pendant la Deuxième Guerre mondiale (mais également pour d'autres périodes), pour un décideur politique ou militaire, pronnoncer un discours est un geste majeur : il lui permet de faire savoir au plus grand nombre la ligne directrice, les lignes qu'il impose à son action, et d'engager ses actes sur la parole donnée. Son discours engage son action. C'est la raison pour laquelle, quel que soit le type de régime politique dans lequel il s'inscrit, un décideur met un soin particulier à l'élaboration et à la diffusion de son message. C'est bien souvent un "acte fondateur", ce qui explique sa portée et son enracinement dans le temps. Par leur caractère "vivant", les discours sont une illustration de l'action en train de se faire. Ils sont aussi bien souvent le moyen de prendre date, de s'imposer politiquement, de légitimer une politique et une action. Il suffit de songer à la place qu'aurait occupée le général De Gaulle sans les discours radiophoniques qu'il pronnonçait régulièrement sur les ondes britanniques de la BBC. Par ce moyen, il était en effet devenu la voix de la France libre, la voix de la Résistance.

 

Charles De Gaulle - 18juin 1940 - Londres 


Adolf Hitler, à qui rien ne prédestinait à devenir le maître incontesté de l’Allemagne dès 1933, découvre tardivement qu'il possède de réels talents d'orateur et de démagogue lorsqu'il devient le chef du parti national-socialiste allemand des travailleurs (NSDAP), fondé en 1920. Il utilise donc ses talents à des fins politiques : acquérir une certaine audience populaire dans les brasseries munichoises en premier temps, étendre les assises du Parti nazi, nouer des liens avec les milieux d’extrême droite puis doter le NSDAP de sa propre organisation organisation paramilitaire. Après une tentative avortée de putsch à Munich en novembre 1923, il rédige le célèbre Mein Kampf durant son emprisonnement. Treize mois plus tard, il sort de prison et parvient à reconstituer son parti politique et renforcer son influence.

Pleinement conscient de ses capacités d’orateur, Hitler insiste longuement dans Mein Kampf sur l’importance de la propagande (centrale dans l’idéologie nazie et la culture totalitaire) et particulièrement des discours pour galvaniser les foules. Ceux-ci devaient être simples, accessibles, et ne contenir que peu d'informations et d'idées. Hitler attache beaucoup d'importance aux effets gestuels et aux expressions du visage, que l'on peut apercevoir dans la série de clichés réalisée par Heinrich Hoffmann, photographe du parti nazi.

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Ses gesticulations – bras levés, poings serrés, index tendu… – de même que les mimiques exaltées de son visage sont autant d’effets destinés à renforcer la teneur de ses propos et à communiquer son état d’esprit aux auditeurs. Tel un comédien, Hitler parvient de la sorte à dédoubler sa personnalité pour se mettre lui-même en scène dans le but de concentrer l’attention sur sa personne puis de rassembler les masses autour de lui.

La confiance aveugle et l’idolâtrie que Hitler suscite parmi ses auditeurs s'expliquent donc par une mise en scène de lui-même caractérisant ses discours. En effet, son charisme et son ascendant résident en grande partie dans la puissance de son élocution et dans l’emploi d’une rhétorique gestuelle. Il sut très bien exploiter les anciens et les nouveaux médias – citons entre autres la mise en scène élaborée des grands rassemblements en plein air, la photographie dans la presse, la radio, la technique d’amplification du son dans les meetings, ainsi que les actualités cinématographiques.

Accompagné de son ministre de la propagande, Goebbels, il gère parfaitement chacune de ses apparitions et provoque ainsi une sorte d'ivresse et d'engouement collectif de la foule pour son Führer. Le charisme d'Hitler représente ainsi une grande part dans le succès de son pouvoir.



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